Vous avez envie de voir un documentaire émouvant, inspirant, optimiste ? Précipitez-vous sur Tehachapi
Tehachapi, c’est l’histoire du grand street artiste français JR, qui décide de mettre en place un projet artistique dans l’une des prisons les plus dangereuses des Etats-Unis
Qui est JR ?
Vous avez forcément vu passer une de ces œuvres dans les médias. JR, c’est le photographe au chapeau et lunettes noires, qui recouvre les murs du monde entier avec ses énormes photos noir et blanc. De la gigantesque bâche représentant une petite fille ukrainienne au début de la guerre dévoilée devant l’Opéra de Lviv à la disparition de la Pyramide du Louvre, JR sait nous surprendre et nous faire réagir par ses projets engagés.
JR, qui a grandit en HLM de banlieue parisienne, considère que l’art doit se montrer, non pas dans les galeries, mais dans la cité, véritable musée à ciel ouvert. Il a sillonné le monde entier pour proposer des œuvres marquantes dont le sujet principal est l’humain. Mettre en avant l’inconnu auprès d’autres inconnus.
En 2007, son projet Face 2 Face, propose de mettre côte à côte des portraits de Palestiniens et d’Israéliens, dans 8 villes autour d’Israël.
À la fin des années 2000, il affiche des photographies géantes de femmes issues de populations pauvres dans son projet Women Are Heroes dans des pays tels que le Brésil, le Cambodge, l’Inde, le Kenya, le Liberia, la Sierra Leone ou le Soudan.
Il serait difficile de présenter ici tous les projets de JR, mais n’hésitez pas à aller visiter son site en cliquant sur le lien ci-dessous.
JR, expliquant le projet aux prisonniers de Tehachapi.
Tehachapi, c’est quoi ?
Une prison haute sécurité
Tehachapi, c’est une prison californienne, une des plus violentes des Etats-Unis. A l’intérieur, des prisonniers incarcérés depuis plus de 10 ans pour des crimes commis alors qu’ils n’étaient qu’adolescents. La guerre des clans (latinos, afro-américains, blancs suprémacistes,…) y fait rage. Certains prisonniers sont parqués dans de vraies cages pour animaux.
Un projet artistique
JR propose à 28 prisonniers de se faire photographier et de raconter leur histoire. Avec leur aide, et celles des gardiens, ils vont coller 338 bandes de papier sur le sol de la cour, pour laisser apparaître une œuvre gigantesque. Au-delà de l’œuvre qui ne sera qu’éphémère, JR crée une application permettant d’écouter l’histoire de chacun en cliquant sur sa photo.
Des résultats étonnants
En venant proposer ce projet aux prisonniers, JR les humanise à nouveau, leur donne une importance, une raison d’exister, eux qui sont finalement traités comme des animaux à bien des égards. La résilience de beaucoup est assez spectaculaire : la plupart passe d’un niveau de sécurité 4 à des niveaux inférieurs, beaucoup finissent par sortir avec une réhabilitation durable, les relations entre clans et entre prisonniers et gardiens est beaucoup plus saine. L’exemple de Kevin est flagrant : lui qui, jeune, s’est fait tatoué une croix gammée sur la joue, fait les démarches (longues et douloureuses) pour se le faire enlever le tatouage.
Bien entendu tout n’est pas parfait, et certains ne s’en sortiront pas, mais ce documentaire est une preuve que l’art peut être une autre manière de réinsérer des personnes qu’on pensait définitivement perdues pour notre société. On ne cherche pas à excuser ce qu’ils ont fait, mais on réfléchit à des solutions pour les rendre meilleurs et leur donner un nouveau rôle de citoyen.
Voir la bande annonce ci-dessous :



